Votre smartphone affiche 128 Go de stockage, votre box internet promet un débit en Mbit/s, et votre fournisseur cloud parle en téraoctets. Derrière ces abréviations se cachent des préfixes du Système international qui suivent une logique simple : chaque palier multiplie le précédent par mille. Comprendre cette échelle, du kilo au péta, permet de comparer des offres, d’estimer un besoin de stockage ou de décoder une fiche technique sans hésitation.
Pourquoi chaque préfixe multiplie le précédent par mille
Le Système international d’unités repose sur les puissances de 10. Les préfixes courants (kilo, méga, giga, téra, péta) progressent par bonds de 10³, c’est-à-dire par facteur de 1 000. Un kilogramme vaut mille grammes, un mégaoctet vaut mille kilooctets, et ainsi de suite.
Cette progression régulière n’est pas un choix arbitraire. Elle reflète une base 10 commune à toutes les sciences, de la physique à l’informatique en passant par la chimie. Retenir cette règle du « fois mille » suffit pour naviguer d’un palier à l’autre sans calculatrice.
Un article détaillant l’ordre du méga au péta permet de visualiser chaque saut de puissance avec sa valeur exacte.
Concrètement, quand vous passez du giga au téra, vous ajoutez trois zéros. Du téra au péta, encore trois zéros. Chaque préfixe ajoute un facteur mille au précédent, sans exception pour les cinq paliers principaux.

Tableau des préfixes de kilo à péta : symbole et puissance de 10
Plutôt que de mémoriser des chiffres abstraits, un tableau synthétique clarifie la hiérarchie. Voici les cinq préfixes les plus utilisés dans la vie courante, avec leur symbole officiel et leur puissance de 10.
| Préfixe | Symbole | Puissance de 10 | Valeur en chiffres |
|---|---|---|---|
| Kilo | k | 10³ | 1 000 |
| Méga | M | 10⁶ | 1 000 000 |
| Giga | G | 10⁹ | 1 000 000 000 |
| Téra | T | 10¹² | 1 000 000 000 000 |
| Péta | P | 10¹⁵ | 1 000 000 000 000 000 |
Remarquez un détail de typographie : le symbole du kilo est un « k » minuscule, alors que méga, giga, téra et péta prennent une majuscule (M, G, T, P). Confondre « m » (milli, soit un millième) et « M » (méga, soit un million) change la valeur d’un facteur d’un milliard. La casse du symbole n’est pas décorative.
Décimal contre binaire : la confusion qui fausse vos capacités de stockage
Vous avez déjà acheté un disque dur de 1 To pour découvrir que votre ordinateur n’affiche que 931 Go ? Ce n’est pas un défaut du fabricant. C’est un problème de convention.
Les fabricants de supports de stockage utilisent les préfixes décimaux : pour eux, 1 téraoctet vaut exactement 1 000 000 000 000 octets. Les systèmes d’exploitation, eux, calculent parfois en puissances de 2. Dans ce cas, 1 To binaire (parfois noté 1 Tio, pour tébioctet) vaut 1 099 511 627 776 octets.
L’écart grandit à chaque palier de préfixe. Au niveau du kilo, la différence entre 1 000 et 1 024 octets reste négligeable. Au niveau du téra, l’écart dépasse largement la dizaine de gigaoctets. Un support affiché à 1,5 To par le fabricant peut apparaître avec environ 1,36 To dans l’explorateur de fichiers.
Pour lever l’ambiguïté, la Commission électrotechnique internationale a créé des préfixes binaires dédiés : kibi (Ki), mébi (Mi), gibi (Gi), tébi (Ti). En pratique, peu de logiciels grand public les utilisent, ce qui entretient la confusion.

Au-delà du péta : ronna et quetta, les préfixes adoptés en 2022
Avez-vous remarqué que les données générées dans le monde se mesurent désormais en zettaoctets ? L’échelle ne s’arrête pas au péta. Le Système international couvre des ordres de grandeur bien plus vastes.
Après le péta viennent :
- Exa (E, 10¹⁸) : un exaoctet représente un milliard de gigaoctets, un ordre de grandeur utilisé pour quantifier le trafic internet mondial sur de courtes périodes.
- Zetta (Z, 10²¹) : le zettaoctet sert à exprimer le volume global de données numériques créées chaque année.
- Yotta (Y, 10²⁴) : le plus grand préfixe historique, resté longtemps théorique pour le stockage.
- Ronna (R, 10²⁷) et quetta (Q, 10³⁰) : adoptés en novembre 2022 par la 27ᵉ Conférence générale des poids et mesures, ils représentent la première extension de la liste depuis 1991.
Ces ajouts ne concernent pas uniquement l’informatique. Ils répondent aussi au besoin de nommer des grandeurs en physique ou en astronomie, sans recourir systématiquement à l’écriture en puissances de dix.
Mémoriser l’ordre des préfixes numériques : une méthode simple
Retenir « kilo, méga, giga, téra, péta » dans l’ordre demande un repère mental. La méthode la plus fiable repose sur l’association à des objets familiers.
- Kilo (10³) : pensez au kilomètre. Mille mètres, mille pas environ, une distance que vous parcourez à pied en une douzaine de minutes.
- Méga (10⁶) : un mégapixel correspond à un million de pixels. L’appareil photo de votre téléphone en capture plusieurs dizaines de millions à chaque cliché.
- Giga (10⁹) : un film en haute définition pèse quelques gigaoctets. C’est l’unité la plus courante pour le stockage personnel.
- Téra (10¹²) : un disque dur externe classique propose un ou deux téraoctets, soit des centaines de films ou des milliers d’albums photo.
- Péta (10¹⁵) : les centres de données de grande taille gèrent des volumes de l’ordre du pétaoctet. C’est rarement une unité domestique.
L’initiale de chaque préfixe suit l’ordre K-M-G-T-P. Certains retiennent la phrase « Karim Mange Goulûment Trois Pizzas » pour fixer la séquence. L’idée est de lier chaque lettre à un mot concret.
Dernier point à garder en tête : la casse des symboles, la distinction décimal/binaire et la progression régulière par facteur mille forment les trois piliers de cette échelle. Avec ces repères, lire une fiche technique ou comparer deux offres de stockage devient une opération rapide, sans risque de confondre des ordres de grandeur.



